déliaison de déplaisir

« Le motif est toujours une déliaison de déplaisir que la traduction ferait naître »

Attention ici à ne pas faire intervenir l’homunculus! On est tenté en effet de demander: comment le “traducteur” (si traducteur il y avait) saurait-il qu’il éprouverait du déplaisir avec la traduction, puisque celle-ci est refusée avant d’être accomplie? C’est une objection que l’on a souvent faite à l’idée de refoulement — quand celle-ci est mal comprise.

Il y a au moins deux réponses simples à ce problème:

1- La traduction a lieu, mais avant d’être enregistrée elle tombe parce qu’elle ne provoque pas de plaisir; or le plaisir est une condition pour la liaison, tandis que e déplaisir délie.

Ma solution préférée est celle-ci:

2- À mesure que le travail de traduction avance, c’est du déplaisir qui se dégage, et donc la traduction elle-même arrête ne trouvant aucun liant pour tenir ensemble les résultats de la traduction. Le déplaisir met ainsi en panne l’appareil de traduction lui-même. 
Freud le dit bien dans la fin de la phrase : “comme si ce déplaisir provoquait une perturbation de pensée qui ne permet pas le travail de traduction.”

De sorte que l’on peut dire, comme Freud le dira lui-même en 1919, que le refoulement peut être aussi considéré comme une névrose traumatique élémentaire.

(Cf. Freud, Introduction à Sur la psychanalyse des névroses de guerre, O.C.F.-P. XV, p. 223. Pour mieux saisir ce que Freud veut dire par là, il faudrait prendre le temps de lire cette “Introduction”.)

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